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La Prévention des TCA

La prévention des TCA  est nécessaire du fait de leur gravité par leurs conséquences somatiques pouvant conduire à un risque vital, et aussi tout  particulièrement pour  le  risque d’arrêt du développement lorsque le TCA survient chez  le jeune enfant. D’où mise en place de programmes variés depuis environ 20 ans.

Définition de la prévention
Eviter et réduire la gravité des maladies, comme les TCA, par l’éducation de la population générale ou à risque, en agissant  sur les ressources permettant de faire face aux problèmes posés par les TCA, de les traiter, de les accompagner.

Les différents niveaux de la prévention

            – La prévention primaire
Empêche  l’apparition du trouble. Elle peut être universelle, visant alors la population générale ou sélective visant les personnes à risque.

            – La prévention secondaire ou ciblée
Permet  de détecter le plus précocement possible des maladies dans le but de les découvrir à un stade précoce où elles peuvent être traitées et conduire à la guérison rapide.

            – La prévention tertiaire
Permet  d’éviter les complications de la maladie installée  (chronicisation) et conduire ainsi à une guérison possible.

Les conditions de la prévention des TCA
La prévention des TCA nécessite leur connaissance approfondie dans tous les domaines:  clinique, recherches,  psychologie développementale, psychologie sociale, diététique, éducation thérapeutique, politique de la santé……

            – Des connaissances indispensables des TCA
Un TCA se développe progressivement  au cours de la vie de l’individu, sous l’action de divers facteurs qui interagissent entre eux :
–        propres à la personne (personnalité, vulnérabilité génétique, ….)
–      environnementaux  (expériences de vie traumatisantes, maladies, facteurs socioculturels…).

Certaines périodes de transition  du développement de l’individu rendent ce dernier plus vulnérable et sont plus susceptibles au développement d’un TCA :
–        Début de l’autonomie alimentaire ;
–        Entrée dans le système scolaire ;
–        Puberté.

            – Une connaissance indispensable des facteurs de risques des TCA
Qui augmentent la probabilité de survenue d’un TCA
–        Influence de la société qui exerce une pression intense.
–        Internalisation d’un idéal de maigreur.
–        Insatisfaction corporelle élevée.
–        Affects négatifs.
–        Pratiques de régimes, de plus en plus fréquents (30 à 40% de la population) et de plus en plus tôt ( pré-adolescents),  véhiculés par la société, les parents.

            – Une connaissance indispensable des facteurs de protection
Qui réduisent la probabilité de survenue d’un TCA
–        Une estime de soi  affirmée .
–        Des activités qui conduisent à l’affirmation de soi, à tisser des liens avec des jeunes et des adultes.

La prévention  primaire

            – Des problèmes à résoudre

La prévention des TCA nécessite  d’intervenir sur les facteurs personnels et les facteurs environnementaux afin de diminuer leur importance.
Le développement d’un TCA  se faisant sur une longue période, faut-il prévenir de façon continue ou discontinue ? Sur toute la population ou sur les personnes à risque ? Toutes les possibilités existent.
Les concepts et les outils doivent  être accompagnés d’une rigueur méthodologique adaptée, dans leur mise en place et leur évaluation.

            – Des expériences

En 1997, une première recherche a été faite à Oxford sur une population de 16 écoliers de 13-14 ans en agissant sur tous les facteurs de risque.  Les résultats sont très controversés : après une amélioration immédiatement, au-delà de 6 mois un effet négatif a été observé sur l’image corporelle.

Aujourd’hui, les programmes ont une action ciblée  et respectent certaines  conditions :
–        Faire basculer le sujet sur son idéal de minceur.
–        Travailler sur la durée : accepter son « poids de santé » d’où travail en groupe pour un meilleur  résultat (influence des pairs).
–        Critique des médias.

Leurs objectifs sont que l’individu  accepte son corps, son poids de santé, gère son stress d’où une augmentation de l’estime de soi et une diminution de la pratique des régimes.

Les approches peuvent être psycho-éducatives ou cognitivo-comportementales et sont très variées.

Des conditions doivent être mises en œuvre pour plus d’efficacité :
–        Cibler les sujets à risque (motivation).
–        Proposer à l’adolescence.
–        Baser sur l’interactivité, sous forme de sessions  multiples  et agissant sur les facteurs personnels et sur l’environnement.
–        Impliquer les parents  de façon active.
–       Les intervenants doivent être formés, car il a été noté lors des études d’évaluation  que après la prévention, les  comportements alimentaires ne sont pas changés,  voire même sont devenus restrictifs.

            – Des résultats

La plupart des programmes de prévention primaire des TCA ont eu lieu en milieu scolaire car les enfants et adolescents sont regroupés en un même lieu d’où un accès facile du public concerné, en Suède, Grande-Bretagne, Canada et Etats-Unis. En France, de tels programmes ont lieu sporadiquement et n’ont fait l’objet d’aucune évaluation.

Les facteurs de risques et la pathologie alimentaire sont diminués dans  environ un tiers  des programmes.

Conclusion

Les programmes de prévention primaire des TCA  ont  montré des possibilités certaines de réussite. Malheureusement, trop peu nombreux et  trop récents, leur efficacité ne peut être démontrée avec certitude. Des recherches supplémentaires sont indispensables. En France, les diverses structures  hospitalières et les associations concernées par les TCA, en liaison avec les pouvoirs publics,  doivent collaborer pour développer les programmes de prévention, indispensables pour diminuer ces pathologies graves dans la population.