La prise en charge des personnes souffrant de TCA doit se faire par des professionnels de santé spécialisés. Au début du trouble, elle est ambulatoire. Lorsque le trouble s’installe et se chronicise, une hospitalisation doit être envisagée, soit ambulatoire, soit complète, selon la gravité et la durée du trouble, et le contexte familial.

Cependant, cette prise en charge est largement déficitaire sur le territoire français, avec l’existence de vrais déserts médicaux, par l’absence ou l’insuffisance de médecins spécialisés et/ou de structures spécialisées. Ainsi, certains départements en sont totalement dépourvus. La prise en charge est donc retardée, voire impossible d’où une aggravation du trouble et sa chronicisation. Ce qui est particulièrement manifeste pour l’hyperphagie boulimique, souvent confondue avec l’obésité.

Afin d’améliorer la situation catastrophique, la FFAB et la FNA-TCA dont fait partie la FSC agissent de concert. En effet, suite à la loi Kouchner de 2002, instaurant la démocratie en santé, les personnes concernées, patients et proches participent à la politique de santé. D’où la naissance en 2005 de l’AFDAS-TCA, devenue la FFAB, puis en 2008, de la FNA-TCA sous l’impulsion de la FFAB.


2008-2014 : DES ACTIONS PRÉLIMINAIRES FONDAMENTALES

• Rédaction des recommandations de bonne pratique de l’anorexie mentale par la HAS en 2010

• 2010-2011 : Première rédaction de l’annuaire national des centres de soins TCA

• 2012 : Mise en place de la ligne téléphonique 09 69 325 900

2015-2018 : DES CONSTATS ACCABLANTS ET DES PREMIERS RÉSULTATS

COLLOQUE DU 6 FÉVRIER 2015

Organisé conjointement par la FFAB et la FNA-TCA au Ministère de la santé et ayant pour titre « Anorexie-boulimie : et si on arrêtait le gâchis ? », les personnes souffrantes et les proches, puis les professionnels de santé, par leurs expériences, ont dressé l’état des lieux de la prise en charge des TCA en France.

Devant une telle situation catastrophique, les organismes publics DGS (Direction Générale de la Santé) et DGOS (Direction Générale de l’Organisation des Soins) ont réagi, montrant leur volonté d’améliorer la situation. Des premières actions ont été mises en place : leur but était d’une part de faire un état des lieux et d’autre part de recueillir les souhaits des personnes concernées : professionnels de 1er recours (médecins généralistes et pédiatres, paramédicaux), des maisons des adolescents, des patients et des proches réunis au sein des associations dont la FNA-TCA.

DES ACTIONS PLUS CONCRÈTES SUIVIRENT

LOI DE MODERNISATION DE LA SANTÉ 26 JANVIER 2016

Elle stipule que « la politique de santé contribue à la prévention et au diagnostic précoce des TCA » et intègre comme mesure « la lutte contre la maigreur excessive ». Pour la première fois, les TCA sont mentionnés spécifiquement dans une loi de programmation de la santé.

UN DÉCRET ET UN ARRÊTÉ EN 2017

Afin d’arrêter l’extrême maigreur des mannequins exigée par les agences de mannequinat et les entreprises de haute couture, le décret du 4 mai 2017 rend obligatoire la mention « photographie retouchée » pour leur parution dans les magazines et l’arrêté du 5 mai rend obligatoire un certificat médical pour exercer le métier de mannequin.

COLLOQUE DU 9 FÉVRIER 2018

Organisé conjointement par la FFAB et la FNA-TCA au ministère de la santé, et ayant pour titre « Soins et accompagnements des personnes souffrant de TCA et de leur entourage. Avancées 2015-2018 et perspectives », lors de ce colloque, dans un premier temps furent exprimés les expériences des personnes souffrantes et de leurs proches souhaits, suite à une enquête nationale, montrant que les progrès entre 2015, date du 1er colloque et 2018, date du second colloque, la situation de la prise en charge des TCA avait peu changé. La DGOS présente a exprimé des possibilité d’ actions, à moyens constants.

2018-2025 : DES LENTEURS ET DES ESPOIRS

LES ACTIONS DU MINISTÈRE DE LA SANTÉ

2018-2019 : Un recadrage vers la psychiatrie
Suite au colloque de 2018, professionnels et usagers étaient plein d’espoir. Cependant, vu l’état désastreux de la psychiatrie en général, dans un premier temps, l’investissement spécifique pour les TCA fut abandonné par les pouvoirs publics pour des actions vers la Santé mentale et la Psychiatrie.

Le 28 juin 2018, lors de la 1ère réunion du Comité stratégique de la Santé mentale et de la Psychiatrie, Mme la Ministre des Solidarités et de la Santé, Mme Agnès BUZYN, a lancé la Feuille de route Santé mentale et Psychiatrie qui s’inscrit dans le Plan National de Santé publique 2022, car « il n’y a pas de santé sans santé mentale. Ceci afin d’améliorer les conditions de vie, de l’inclusion sociale et de la citoyenneté des personnes souffrant de troubles psychiques, ainsi que l’accompagnement et l’accès aux soins ».

Le 24 janvier 2019, lors du Congrès de l’Encéphale, dans son discours, Mme la Ministre, pour « crédibiliser sa Feuille de route » a souhaité prendre 4 engagements « en réponse aux craintes » qui ont été formulées. Brièvement, l’amélioration de l’offre en pédopsychiatrie, la prévention et le parcours de soins coordonnés, des moyens supplémentaires pour la psychiatrie de 100 millions € par an, enfin le 11 avril 2019, un délégué ministériel à la santé mentale et à la psychiatrie a été nommé afin d’appliquer la Feuille de route. Il s’agit du Pr Frank BELLIVIER.


2020-2025 : Le déploiement de la feuille de route santé mentale psychiatrie

En mai 2020, la DGOS octroyait un financement supplémentaire de 3 millions € aux ARS (Agences Régionales de Santé) pour l’aide aux TCA. Aide qui en 2021 a été de 1 million € , pour s’annuler en 2024.

Le 3 septembre 2020, dans le Bulletin Officiel de la Santé, une instruction de la DGOS précise l’objet et les conditions de ce financement afin de permettre « la mise en œuvre d’un parcours de prise en charge graduée des TCA afin de structurer les soins sur les territoires ».

Les conséquences de cette nouvelle disposition vont conduire à une nouvelle organisation de la filière de soins. Les structures qui prennent en charge les TCA, psychiatriques ou non, existantes dans une région, seront réparties en 3 niveaux selon leurs activités actuelles.

Niveau 1 de repérage et de prise en charge :
Structures assurant des soins pluridisciplinaires, non spécialisés TCA, qui en lien avec des structures spécialisées TCA, permettent de faire un repérage et d’orienter vers des soins adaptés.

Niveau 2 de repérage et de prise en charge :
Structures assurant un repérage et des soins pluridisciplinaires par des professionnels spécialisés en TCA. Elles accueillent au moins 20 nouveaux patients hospitalisés par an (temps plein ou de jour). Elles participent à la formation et à la recherche sur les TCA.

Niveau 3 de repérage et de prise en charge :
Structures hyperspécialisées assurant un repérage et des soins pluridisciplinaires avec une unité infanto-juvénile et une unité adulte et pour cette dernière une file active supérieure à 50 hospitalisations par an, avec un service d’urgence et de réanimation. Ses actions doivent se faire en relation avec les autres structures et libéraux, pour confirmer le diagnostic, approfondir l’évaluation avec des possibles co-morbidités, proposer un projet personnalisé et coordonner le parcours de soins afin de limiter les ruptures de prises en charge. Elles assurent la formation aux TCA des professionnels de santé et la formation des usagers. Enfin, la recherche sur les TCA doit être importante.

LES ACTIONS PARTICULIÈRES DE LA FNA-TCA

À la demande des professionnels de santé, des lettres ont été écrites aux ARS afin de soutenir l’amélioration de la filière de soins dans un lieu bien précis : entre autres, amélioration de la prise en charge adulte au CHU de Rennes, ouverture d’une prise en charge adolescents et adultes au CHU de Bordeaux.

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