Les troubles des conduites alimentaires sont des troubles psychiques liés à des perturbations persistantes des conduites alimentaires. D’après le DSM-5-TR (Diagnostic and Statistical Manuel of Eating Disorders 2022) publié par APA (American Psychiatric Association), plusieurs types de TCA s’observent selon leurs critères diagnostiques.

TCA : au moins 1 million de personnes souffrantes
en France

LEURS

CARACTÉRISTIQUES

L’ANOREXIE MENTALE

se définit par :

  • Une restriction des apports énergétiques, conduisant à un amaigrissement.
  • Une perturbation de la perception du poids ou de la forme de son propre corps.
  • Une influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi ou l’absence persistante de la reconnaissance de la maigreur actuelle.
  • Une peur intense de prendre du poids ou de devenir gros, ou comportement persistant visant à prévenir la prise de poids.
  • Deux types d’anorexie mentale existent :
    • Anorexie restrictive : avec uniquement restriction alimentaire.
    • Anorexie avec boulimie : avec des comportements compensatoires d’où un poids inférieur à la normale (au moins 1 crise par semaine depuis 3 mois).

L’anorexie mentale précoce affecte des personnes de plus en plus jeunes. Du fait de ses conséquences, sa prise en charge doit être assurée par des professionnels de santé spécialisés.

Elle affecte entre 0,3 et 0,9% des femmes et 0,3% des hommes, et plus particulièrement les populations à risque où le poids joue une grande importance (danseurs, sportifs).

LA BOULIMIE NERVEUSE

se définit par :

  • La survenue récurrente de crises de boulimie, ingestion massive d’aliments en une courte période, avec un sentiment de perte de contrôle, associée à des comportements compensatoires inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids (au moins 1 crise par semaine pendant 3 mois)
  • L’influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi.

    Elle affecte 1 à 2% des femmes et 0,1 à 0,5% des hommes.

La boulimie nerveuse se caractérise par des crises en dehors des repas, par l’ingestion compulsive d’aliments, sans plaisir (craving), en très peu de temps, par perte de contrôle. D’où une grande culpabilité, une faible estime de soi et une honte intense. Ce qui provoque de grandes souffrances.

Ces crises sont suivies de comportements compensatoires (vomissements provoqués, prise de laxatifs et de diurétiques, des périodes de jeûnes, une hyperactivité physique). D’où un poids normal.

La boulimie nerveuse peut s’accompagner de comorbidités : anxiété, dépression, addictions (alcool, drogues) et aussi de troubles de la personnalité borderline.

La boulimie nerveuse passe souvent inaperçue par l’entourage, à l’exception des placards qui se vident. En effet, la personne souffrante dénie le trouble, les crises se passent en dehors des repas, sans la présence d’autres personnes, et le poids de la personne souffrante reste normal.

L’HYPERPHAGIE BOULIMIQUE

se définit comme :

  • La survenue récurrente de crises de boulimie, sans recours régulier à des comportements compensatoires inappropriés, d’où prise de poids (au moins 1 par semaine pendant 3 mois).
  • Une souffrance marquée.
    Elle affecte 1,9 à 3,5% des femmes et 2% des hommes.

LES TROUBLES SUB-SYNDROMIQUES

se définissent comme des TCA qui ne présentent pas tous les critères diagnostiques.

Ils affectent environ 15% de la population.

Depuis les confinements liés au Covid, les TCA ont augmenté d’au moins 30%. Il en est de-même avec l’influence des réseaux sociaux, comme #SkiNniTok qui fait l’apologie de la maigreur conduisant à l’anorexie.

Pour en savoir plus  : Voir le site internet de la FFAB
www.ffab.fr

LA POTOMANIE

Ses caractéristiques

L’eau est le constituant principal du corps. Elle permet toutes les réactions chimiques qui se déroulent dans les différents organes. Aussi, les besoins d’eau journaliers sont de 1,5 litres à 2 litres chez l’adulte, et peut varier selon les conditions de vie (voir chapitre Les besoins nutritionnels).

Les TCA, et plus particulièrement l’anorexie, peuvent s’accompagner d’une potomanie, qui se caractérise par une consommation excessive et incontrôlable d’eau ou de toute autre boisson alcoolisée ou non, sans sensation de soif. Elle est provoquée par une compulsion poussant à boire excessivement, de plus de 3 litres à plus de 20 litres par jour. D’où le nom de potomanie qui vient du grec : potos, action de boire et mania, folie.

Ses causes

La potomanie des personnes souffrant de TCA est classifiée parmi les potomanies primaires. La personne pense que boire abondamment permet de purifier le corps. Ne pas avoir la possibilité de boire entraîne une grande anxiété chez la personne potomane.

Ses conséquences

La dilution du milieu intérieur (sang et lymphe) provoquée par l’intoxication à l’eau entraîne une diminution du taux de sodium dans le sang ou hyponatrémie. Cette dernière peut provoquer des maux de tête, des nausées, des crampes musculaires, des vomissements. Dans les cas extrêmes, un œdème cérébral provoquant des confusions, des convulsions, des troubles cardiaques, l’atteinte de la fonction rénale du fait de la polyurie, voire un coma ou un décès.

Vu les graves conséquences de la potomanie, le médecin doit pratiquer très régulièrement des analyses sanguines et urinaires. Elle nécessite aussi une prise en charge psychiatrique.

LES CAUSES

DES TROUBLES ALIMENTAIRES

Les causes des TCA sont multifactorielles, entre autres des facteurs génétiques, vulnérabilité psychologique et socioculturels. Le TCA se met en place sous l’action d’un facteur déclenchant, un traumatisme. Si certaines personnes réagissent à un traumatisme sans conséquence grave de santé, pour d’autres, il entraîne un trouble des conduites alimentaires. C’est un acte de survie, la réaction du pauvre comme le dit le Professeur Philippe JEAMMET. 

Facteurs individuels et socioculturels

Associés  à une mauvaise estime de soi,  les TCA sont aggravés par le contexte social et médiatique où l’idéal de minceur est surévalué (rôle des réseaux sociaux).

Facteurs de risques psychologiques

Des épisodes dépressifs, troubles de la personnalité, le perfectionnisme, un stress précoce, en particulier le harcèlement.

Voir harcèlement ci-dessous.

Facteurs génétiques

Des études des personnes apparentées à des personnes souffrant d’anorexie montrent que le risque de développer une anorexie est 12 fois plus grand. L’anorexie serait donc « héritable » c’est-à-dire qu’il existe une part d’héritabilité pouvant atteindre 70% , c’est-à-dire la part de génétique pouvant expliquer le trouble.

Des études de recherche médicale montrent qu’il existe des perturbations de la transmission des neurotransmetteurs dans le cerveau d’une personne souffrant d’anorexie.

Les recherches sont moins avancées pour la boulimie et l’hyperphagie boulimique, mais concordantes.

LE HARCÈLEMENT

Définition

Des agissements répétés, verbaux et/ou physiques et/ou moraux, provoquant un état d’insécurité plus ou moins permanent entraînent une fragilité dans le but d’affaiblir la personne qui en est la victime.

Les différentes formes de harcèlement

Elles se définissent selon le lieu ou les formes :

  • A l’école : harcèlement scolaire du fait d’un ou plusieurs élèves.
  • Dans la rue.
  • Dans la famille, dont l’inceste.
  • Sur les réseaux sociaux : cyber-harcèlement.
    Plusieurs pouvant se conjuguer.

Les conséquences
Elles peuvent être très graves, conduisant à un TCA et dans les cas extrêmes, au suicide. L’entourage doit être alerté s’il observe que son enfant s’isole, perd estime de soi et confiance en soi, ses résultats scolaires baissent, voire impossibilité d’aller en classe. En effet, la personne harcelée cache les faits, se jugeant responsable.

Le rôle des adultes

Les personnels de l’éducation nationale et les parents doivent réagir devant une telle situation, la personne harcelée en étant incapable la plupart du temps.

L’éducation nationale a mis en place un programme de lutte contre le harcèlement scolaire, pHARe, ainsi qu’un numéro vert et une application pour tout renseignement ou signalement.

3018, numéro gratuit, anonyme et confidentiel, 7 jours sur 7 et de 9h à 23h.

Pour plus de renseignements, voir le site Internet : education.gouv.fr/non-au-harcelement.fr

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