La Fondation Sandrine Castellotti

Sandrine fut anorexique de seize à vingt-sept ans et demi. Onze ans et demi de souffrances infernales que nous, ses parents, avons essayé de soulager de notre mieux, avec nos maigres moyens. Cette longue tranche de vie ne fut qu´une suite de rémissions passagères, pleines d´espoir en l´avenir, et de rechutes interminables, accompagnées de tout son lot de conduites insupportables et incompréhensibles pour l´entourage. Début 2000, ce souffle de vie que Sandrine s´est toujours battue à maintenir, en toute circonstance, fut brusquement arrêté à la suite d´une chute accidentelle de cheval.

Durant ces presque douze années, nous nous sommes sentis bien seuls, mais au fond de nous mêmes, nous n´avons jamais perdu espoir en l´avenir, quoiqu´il arrive. Des pensées contradictoires nous ont assailli constamment, en parallèle à la vie chaotique de notre enfant ; en particulier, petit à petit, s´installe une perte de confiance envers notre enfant, les médecins et nous-mêmes. Il est alors bien difficile de positiver.

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Une enfant parfaite

Nous sommes partis en voyage avec un groupe lorsque Sandrine avait 14 ans. Après quelques jours passés à faire connaissance, elle ne fut pratiquement plus jamais avec nous, partageant les repas, les excursions avec les uns et les autres. A la fin du séjour, une personne du groupe vint vers nous pour nous dire :

« Mes compliments pour votre fille »

Deux ans plus tard, quelle ne fut pas la stupeur de tous en apprenant l’anorexie de Sandrine. Elle si disponible, avec toujours un mot aimable, réconfortant, un humour décapant et une si grande joie de vivre. Et de plus, des résultats scolaires brillants, Lire le reste de cet article »

Un moment de bonheur accordé

Sandrine était toujours très enthousiaste lorsqu’elle recevait une invitation d’un(e) ami(e). C’était même une joie débordante,  car cette invitation était la preuve que l’on pensait à elle, qu’elle était aimée. Mais, le jour venu, elle ne pouvait y aller et se décommandait. Après plusieurs scenarii  similaires, les ami(e)s lassé(e)s, ne téléphonaient plus. Ainsi petit à petit, elle s’est isolée du monde et de ses plaisirs.

Un épisode ultérieur m’a permis de comprendre son attitude de refus . Sandrine attendait avec impatience l’ouverture de Disneyland Paris. Après que cette dernière soit intervenue, nous lui avons proposé de nous rendre à Marne-la-Vallée. Lire le reste de cet article »